Archive pour novembre, 2008

La mort d’un commis écouteur

Posted in mh on 25 novembre 2008 by horscontexte

MARIE, MARIE, C’EST TES ÉCOUTEURS!!!!

(Pastiche de « PIERRE, PIERRE, C’EST CHLÉO!!!! » tiré de La Guerre des tuques, au moment fatidique où le château construit par «Les lunettes» s’effondre sur le cabot dépressif pour le mettre à mort. J’sais pas, mais si j’étais «Les lunettes», j’me sentirais coupable en toryeux!!!! C’tait son idée un château fort avec des créneaux!!!)

Donc pour en revenir à mes écouteurs, vous aurez deviné qu’ils sont morts sous la neige. Ils m’ont laissé tomber à mon 17e pas de course. J’étais sur une lancée, j’allais battre le record établi pas Donovan Bailey pour un 45 minutes de course à Montréal-Est en 1995. Mais non!!! Dans mon élan vers la victoire, mon oreille droite m’a informée de la défectuosité de mon écouteur du dit-bord. Je me voyais dans l’impossibilité d’apprécier à sa juste valeur, le chef d’oeuvre de Chris Brown : Forever . Mais croyez le ou non, j’ai continué d’enjamber l’asphalte, foulée après foulée et ce même si la mélodie ne faisait vibrer que mon gauche tympan. J’ai affronté la neige, le vent et la slush qui s’imprégnait de moi. Rien ni personne ne pouvait m’arrêter, pas même mes baskets devenus plus humides qu’un sous-sol de la Nouvelle-Oléans. Persévérance, endurance, modèle de courage pour la jeunesse me direz-vous?! Sans doute… mais là n’est pas où c’que j’veux finir par aboutir.

Voyez-vous à chaque année c’est la même histoire! Dès qu’il se met à neiger, mon Ipod se décharge à la vitesse du son et un de mes écouteurs rend l’âme. C’est d’ailleurs le deuxième plus grand mystère de la vie! Le premier étant «D’où venons nous?» immédiatement succédé par «Pour quocé faire qu’y'a juste un des 2 écouteurs qui lâche?» J’hésite toujours à en acheter une 2e paire parce que j’me dis qu’y'a encore un écouteur qui fonctionne… mais d’un autre côté, j’suis terrorisée à l’idée de ne pas devenir sourde égale des deux oreilles.

Ce fâcheux incident, n’est pourtant pas si fâcheux… Car peut-être ai-je omis de mentionner que l’écouteur dysfonctionnel en question, m’a permis d’entendre l’estie de tabouère de chauffarde du colibouère (prenez note ici de ma taquinerie qui témoigne de l’affection que j’éprouve à l’égard de cette personne) qui s’apprêtait à me transpercer de ferraille. Donc grâce à mes écouteurs de champions, j’ai entendu et vu par le fait même, la bonne femme qui n’avait pas fait son stop et qui fonçait droit sur moi, car un autobus fonçait droit sur elle… C’était comme dans les films, mis à part Matthew McConaughey qui s’élance vers moi pour me sauver la vie. J’ai donc fait une salvatrice de moi en mettant tout simplement fin à mon rythme de course effréné. Je me suis auto-sauvée la vie! Je devrais recevoir ma médaille de bravoure d’ici les prochains jours… J’ai hâte de rencontrer Michaëlle Jean!!! Je vais lui demander d’envoyer un duplicata de ma médaille à ma compagnie d’écouteurs de marde/sauveurs de vies!!

mh (médaillée de bravoure d’or du Canada de l’Amérique du Nord de la planète Terre)

Silence, j’essaye de faire du bruit!

Posted in mh on 24 novembre 2008 by horscontexte

À la Fosse aux lionnes… Eille jugez-moi pas!!!! Donc à La Fausse aux lionnes… QUÉSSÉ J’AI DIT!!!! Faque à l’émission là, y demandait quelle est votre relation avec le silence…

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Il fait silence. Il fait vide, il fait noir et il fait sourd. Pourtant le silence est bruyant, il mène un train d’enfer. C’est un capharnaüm de cacophonie. Mes idées se chamaillent à grands coups de descentes du coudes. J’ai beau les envoyer réfléchir dans un coin, elle retentissent dès la punition terminée. C’est pourquoi le silence n’est d’aucun réconfort, puisque s’il fait silence, c’est qu’il se fait tard et s’il se fait tard, c’est qu’il se fait seul.

Et c’est lorsqu’il fait seul que le silence en profite pour nous prendre en otage. On le l’invite pas. Il entre pas infraction et s’installe… Il déplie bagages dans une situation, dans une conversation et même dans une relation. Mais le silence ne parle pas! Non, le silence crie! Il beugle, il hurle il gueule son mutisme à tue tête.

Je déteste le silence. Non pas le silence de jour qui opère sur une trame de fond de «Let the sunshine in»… mais plutôt l’insoutenable, l’intolérable et l’incontrôlable silence d’ébène… celui qui me confronte à la mort. NON! NON!!! Reposez le combiné, dites au 911 de laisser faire, je ne parle pas ici de ma mort. OH QUE NON!!! Je suis l’incarnation même de la joie de vivre en vacances sur une plage de Bora Bora moi… Moi qui habite Montréal Montréal!!!

Non je parle ici de la mort du bruit! Je déteste ce moment de la journée où je dois accompagner le bruit vers son funeste destin. Ce moment de la journée où j’éteins tout ce qui m’allume et où je tire la plug du respirateur qui maintenait le bruit en vie! Ce moment où je deviens complice d’un suicide assisté en appuyant sur le dernier piton. À cet instant, je me retrouve devant le fait accompli : en guidant mon bruit vers la mort, j’ai tué ce qu’il restait de mon silence… maintenant que je n’ai plus rien à entendre, moi je suis hantée par ce bruit qui s’est immiscé dans ma tête. Ce bourdonnement insatiable qui s’alimente de silence tel le cillement d’un frigidaire sur repeat.

Heureusement, il se taie lorsque le bruit se lève, lorsque le bruit bombarde l’aurore et qu’il anéanti toute forme d’oisiveté qui ose se manifester. Le bruit petit déjeune avec moi! Il satisfait cette ouïe qui s’est vu privée et sevrée de mon couché à mon levé. C’est donc sous un nouveau jour, que le bruit renaît et qu’enfin mon silence se fait entendre.

mh (qui a un peu peur du noir dans le fond… ça me prendrait un Luminou)

Bad hair day

Posted in mh on 11 novembre 2008 by horscontexte

Je marche! J’ai cette habilité. je mets un pied devant l’autre et j’avance. Pourtant, je ne dispose pas de cette même aptitude pour la mobilité quand il est question de mon existence. Je n’ai plus aucun contrôle sur ma destination. Je suis aveugle et je me laisse traîner par un destin guide. Mon avenir est écrit en braille et je suis une amputée de paire… de paire de bras!

Je n’y vois rien sinon que la lumière qui brille par son absence. Le fait accompli se trouve devant moi et je ne détecte même pas sa présence. Je n’arrive plus à le sentir… j’ai le nez bouche bée! Par le fait même je suis congestionnée du goût. Mes papilles gustatives ont cessé de travailler depuis qu’elles sont sur la CSST. J’ai les sens aussi aiguisés que des ciseaux à bouts ronds. Il serait sécuritaire voir même recommandé, de courir autour d’une piscine avec mes sens dans la bouche.

Je n’entends même plus le son de ma propre voix me réconforter. Alors, comment se fait-il que malgré toutes mes déficiences sensorielles, le doute se fasse entendre, la peine se fasse sentir, la laideur se fasse voir, la douleur se fasse lancinante et que l’amertume se fasse si présente ? Comment se fait-il que j’éprouve et ressente alors que mon existence est pour ainsi dire, vide de sens.

mh (qui écrira sous peu un post plus joyeux)

L’assassin jouait du flocon

Posted in mh on 1 novembre 2008 by horscontexte

C’était l’hiver. Pascal Yiacouvakis ne l’avait pas prédit, car il n’était, à l’époque, pas encore météorologue à Radio-Canada, mais c’était tout de même l’hiver. C’était un gros hiver, rigoureux avec des bancs de neige qui agissaient à titre de forteresse et des bourrasques à bourrasser. Un hiver où les gens avaient troqué les pneus pour les peaux de phoque! Un hiver qui a frappé fort! Tellement fort qu’il a été accusé de tentative de meurtre!! Oui, il y a de cela près de 30 ans, l’hiver a essayé de me tuer; il m’a épneumonié! Mais aujourd’hui je m’en suis sortie, et je suis en vie. Envie de vous écrire une histoire…

Au Québec l’hiver n’est pas juste à nos portes, l’hiver est aussi à nos fenêtres du deuxième étage! Après deux tempêtes, on est obligé de pelleter la cour, les escaliers pis les lucarnes! C’est tu pas beau ça!? Ça suffit pu de déblayer le béton, faut aussi déblayer le bardeau!! Moi je trouve ça merveilleux; au Québec on pellette par en haut pis par en bas!

Du blanc froid qui tombe de la voie lactée! C’est vrai que c’est un cadeau du ciel. Imaginez si le ciel formait des flocons de marde! On serait mal pris le 15 décembre… Goodyear font pas ça des pneus à marde! En plus, si y’avait pas de neige les enfants seraient en dedans tout l’hiver à dire : «Y’a rien à faire… à part dire : Y’a rien à faire!» Là vous pouvez leur lancer : «Va te faire un fort pis attends que la charrue passe! Heu… j’veux dire attends que la charrue passe avant de te faire un fort!»

Bref, l’hiver c’est magique! C’est ma fête, c’est Noël, c’est le Jour de l’an, la Fête des rois, la St-Valentin, Pâques, la St-Patrick, la Fête du travail…. OK, l’hiver, c’est long en toryeux, mais c’est vraiment inouï (à ne pas confondre avec Inuit) voir même palpitant! Du moins, plus excitant que le printemps!

Le printemps arrive en douce, il s’installe tranquillement pas vite et dégèle peu à peu ce qu’il reste des labeurs du pelletage. L’été, quant à lui, se fond au printemps, pour finalement miroiter le reflet d’un épiderme doré au four à 350. L’automne, pour sa part, arrive sournoisement comme un hold up : «Freeze!» Mais l’hiver… oh l’hiver! Adepte d’affichage sauvage, il se placarde partout telle une vulgaire infopub. Il utilise des criards, il fait partir les sirènes de fin de match, il sonne la cloche de la dernière ronde, il arrive de nulle part comme une ambulance dans un rétroviseur! Il paralyse, il mobilise et il déstabilise… surtout les personnes âgées sur la glace… L’hiver oblige! Il ne demande pas il impose; il nous impose un budget pour le déblayage!

L’hiver arrive comme un truck su’a soupe! L’hiver c’est une descente dans un bar à 2h du matin. Dès qu’il débarque, tout l’monde se pousse! Mais pas moi!!! Oh non! Moi j’n'ai pas de fausse carte! J’ai juste une carte d’identité, pis dessus c’est écrit : «née et réanimée en hiver»! Pas de vacances dans le sud pour moi! J’suis prête! AWAYE! Amène-la ta neige que j’la glisse, que j’la roule, que j’la piétine, que j’la mange… que j’la regarde tomber pendant des heures sans ne jamais rien dire, sans ne jamais rien faire d’autre que de contempler les secondes qui s’échouent au sol telles des épaves de givre!

J’observe. Et plus j’observe plus je l’adore. J’adore l’hiver, j’adore l’affronter, j’adore sortir à -30 avec un facteur vent de 40 km/h qui livre une température ressentie de… ben de rien dans l’fond parce que rendu là, tu sens pu rien. J’adore, le vent qui souffle dans ce qu’il reste de ma face, la rétine qui me gèle à vue d’œil et la respiration qui anesthésie mes poumons. J’adore mettre mon armure de duvet, sortir dehors et dire : «QUEIN TOÉ! Tu m’auras pas, j’tais là ben avant que t’arrives! C’est pas tes p’tits flocons de 3 mètres pis tes rafales à déraciner la forêt amazonienne qui vont m’empêcher de profiter des joyeuses joies du grand air!»

Mais dans le fond, la raison pour laquelle je l’affronte jour après jour, ce n’est pas tant parce que je veux lui sacrer une volée… C’est plutôt parce que l’affronter, c’est le seul moyen de me rapprocher de lui. Voyez-vous je l’aime l’hiver moi! J’le sais… je souffre du syndrome de Stockholm : je suis tombée amoureuse de mon ravisseur!

J’le trouve doux malgré sa sévérité, chaleureux malgré son air de glace, mais surtout… enveloppant. Avez-vous déjà remarqué à quel point l’hiver tamise, étouffe puis égorge la bruyante ville et la paisible campagne. L’hiver kidnap les sons et les rend sourds. Soudainement, les murs de la province se capitonnent de blancs et pour quelques mois, nous sommes tous internés dans un havre de paix avec vue sur la slush! Ahhh la slush, les lacs de calcium, la gadoue!!! J’adore la gadoue parce que si on a de la gadoue, ça veut dire qu’on a de la neige et si on a de la neige on a des balles de neige à pitcher, des bancs de neiges où se pousser, des pistes à dévaler, des boisés où raquetter, des surfaces où patiner et des chaumières où se réchauffer…

Hummm, le doux réconfort d’un calorifer, d’un foyer et pour les moins nantis, d’un feu de poubelle. Il n’y a rien comme 4 murs, un système de chauffage et une fenêtre par laquelle regarder le ciel cracher sa blancheur… Ouais, rien comme un trou de verre calfeutrer pour nous faire apprécier l’hiver… Ainsi à chaque soir de tempête, alors que je suis trop excitée pour dormir, trop concentrée à regarder chaque flocon virevolter, trop captivée à observer, l’hiver se colle à ma fenêtre et vient me venter une histoire, me siffler une berceuse puis me border de neige… Ce après quoi, je trouve le sommeil dans les bras de mon assassin et me réveille le lendemain au creux de ses blanches mains…

mh